La loi du 15 juillet 1845 autorise l’adjudication du chemin de fer de Creil à Saint-Quentin. Le 29 décembre suivant, une ordonnance royale approuve l’adjudication de la ligne à une société, formée de plusieurs administrateurs de la compagnie du Nord, la Compagnie du chemin de fer de Creil à Saint-Quentin.

La réalisation de la ligne entre Creil et Compiègne dure seulement quatre mois, de juin à octobre 1847. Elle forme un embranchement de la ligne Paris – Lille à partir de la gare de Creil. La ligne ne nécessite pas d’importants ouvrages d’art, tout juste quelques ponts pour la traversée des routes. Néanmoins, les terrassements sont importants, avec un apport de sable et de cailloux pour asseoir solidement la plateforme sur les terrains inconsistants de la rive droite de l’Oise.

Elle devient la compagnie des chemins de fer du Nord en 1847.

La révolte des Brenouillois.

En 1847, M. PINSSON était adjoint de M BILLIARD Maire de Brenouille. La voie ferrée était en construction avec suppression de 100 hectares de terres labourables et suppression de tous les chemins pour la rentrée des récoltes. La rumeur gronde – le maire et l’adjoint calme les esprits en espérant obtenir l’autorisation de passage sur la voie pendant les moissons.

Mais sur le refus de la compagnie, M. BILLIARD a donné l’ordre aux habitants de s’ouvrir un chemin sur la ligne.

Ce travail s’effectua le 28 aout à 8h du soir, consista à la démolition partielle d’une passerelle en construction et en sa qualité d’adjoint, le maire fut obligé de s’expliquer.

Il fut suspendu de ses fonctions le 2 novembre 1847 par arrêté du préfet.

M. le Maire et son adjoint ont fini à la prison de CLERMONT, puis conduit à BEAUREPAIRE, pour la cour d’assise.

On retrouve en 1868, une lettre de M PINSSON qui demande à Monsieur le Conte d’Andlau et de Verderonne, des informations le concernant durant sa révocation d’adjoint des années 1848.

Le tronçon est inauguré le 21 octobre 1847 : un convoi parti de Paris à huit heures emmène les administrateurs, dont J. de Rothschild, Delebecque et les frères Pereire, ainsi que les ingénieurs chargés de la construction. Il arrive à Compiègne à onze heures, où il est accueilli par la municipalité, ainsi que les autorités militaires et religieuses. La locomotive est bénie par le curé avant le traditionnel banquet. Le train inaugural quitte la ville à quatre heures et rejoint Paris en deux heures quinze.

La seconde voie est mise en service le 03 février 1848.

Les trains commencent à rythmer la vie de la population. Sur le tableau de 1852 on peut remarquer que 12 trains traversent Brenouille (8 trains de voyageurs et 4 trains de marchandises).

Nous verrons dans le prochain numéro, les employés du chemin de fer du Nord de Brenouille, le rôle du garde barrière et du garde sémaphore.